lundi 29 août 2011

L'art de fermer le clapet des journalistes

Interrogé par les journalistes lors de son voyage de promotion de son plan nord en Chine, Charest a répondu: «Nous allons vendre nos ressources à un prix qui est bon pour les Québécois», et de rajouter, «Le Québec est aligné sur les modes de prélèvement reconnus internationalement, et on est déjà 28 % plus élevé que la moyenne canadienne. Il est faux de prétendre que le Québec vend ses ressources en deçà des prix qu'il devrait exiger, ce n'est pas vrai, c'est une fausseté» (voir cet article du Devoir du 2011-08-29 http://www.ledevoir.com/politique/quebec/330278/mission-commerciale-en-chine-charest-se-defend-de-brader-les-ressources-du-quebec )

Son ministre Gignac du développement économique renchérit en parlant des redevences minières: «Il faut regarder ce qui se fait à l'échelle internationale. Vous savez, si vous demandez 50 % de redevances sur zéro activité, eh bien, ça va vous donner zéro. Donc, il faut être raisonnable aussi»

Du coup, Charest et Gignac, champions de l'économie mondiale ont cloué le bec des journalistes. Aucun d'entre eux n'a confronté ces réponses à d'autres modèles de développement présents dans d'autres pays. Aucun n'était assez informé (est-ce possible d'un journaliste?) pour mettre en opposition ces affirmations avec le modèle Norvégien par exemple qui augmente l'apport fiscal des entreprises permettant la création d'un fonds afin de prévoir l'épuisement éventuel des ressources naturelles.

N'y a-t-il pas au Québec un seul journaliste qui possède suffisamment de compétence économique pour ne pas s'écraser devant les affirmations des politiciens et de certains économistes. Un journaliste capable de nous donner toute l'information nécessaire pour nous faire une opinion éclairée sur le développement minier au Québec.

La réponse est bien évidemment qu'il y en a des journalistes compétents. Le problème est qu'aucun d'entre eux n'a ses entrées dans les grands médias car pour y avoir sa place il ne faut surtout pas mettre en doute les modèles politiques et économiques en place.

Les journalistes économiques et politiques de La Presse, du Journal de Montréal, du Devoir, de TVA, de V (s'il y en a ), de Radio-Canada sont la disgrâce de la profession journalistique car ils contribuent à une forme d'omerta qui prive les citoyens d'une information libre et complète.

Tout comme la libre concurrence en économie, la liberté de pensée et d'expression en journalisme qui sont sensée être des règles sacrées, sont souvent baffouées au profit de ceux qui les contrôle.

vendredi 26 août 2011

Mais où est passé le Guy A. d’antan?

Suite au passage de François Legault à Tout le monde en parle, j’ai écrit ceci à Guy A. Lepage.
Après avoir pris connaissance de l’ouvrage de Brigitte Alepin et l’avoir eu en entrevue, comment pouvez-vous laisser passer les propos de François Legault quand il affirme candidement qu’il ne faut pas augmenter les impôts des entreprises et que selon lui, il faut au contraire les bichonner. Quand il répète ce que tous ont entendu mille fois que le Québec ne génère pas assez de richesses et que la seule façon d’en créer c’est en coupant dans les dépenses gouvernementales. Que pour ce faire, il faut mater les syndicats qui sont un frein au développement.
Sachant que des milliards de dollars échappent aux coffres de l’état en partant dans des paradis fiscaux, n’aurait-il pas été normal que vous contestiez les propos de monsieur Legault?
On jase là, mais auriez-vous pu au moins lui poser la question suivante, avec votre petit sourire en coin : « Monsieur Legault, si le Québec est si pauvre que ça, comment se fait-il que certaines compagnies et individus ont les moyens de sortir des milliards de dollars dans des paradis fiscaux? » Me semble que ça aurait ajouté de l’intérêt à une entrevue qui n’a pas vraiment levé et qui n’a fait que répéter ce que tout le monde savait déjà.
Mais peut-être que ce genre de question s’écarte trop du discours dominant, de l’ordre établi qu’il ne faut pas ébranler. Ou croyez-vous peut-être que ce sont des notions trop complexes que les gens ne comprendront pas.
En tous les cas, je suis choqué du fait que si peu de place soit faite à un discours économique alternatif comme celui de madame Alepin. Et je suis très déçu que vous ayez été aussi complaisant devant le discours de monsieur Legault.
N’étiez-vous pas jadis, monsieur Guy A., le champion des irrévérencieux. Faut croire que la notoriété vous a ramolli.

Théorie du complot selon Arcand

Suite à la réaction de Paul Arcand à son émission du matin relativement au rejet de l’entrevue de Brigitte Alepin de Tout le monde en parles, j’ai écrit ceci à Paul Arcand.

Cher monsieur Paul,
Je vous entendais ce matin quasiment déchirer votre chemise lorsque vous faisiez le parallèle entre les réactions des auditeurs sur l'affaire Brigitte Alepin, et la "théorie du complot" dans un contexte de convergence.
Je me suis dit que votre façon de camoufler la polémique s'apparente à celle de monsieur Guy A, car tous deux vous avez une image d'intégrité et d'incorruptibilité à protéger.
La vraie polémique se situe au niveau des pressions supérieures qui peuvent être exercées sur vous dans un contexte de convergence ou non. Le droit du public à une information libre et complète est un droit légitime qui n'a rien à voir avec une quelconque théorie du complot.
En refermant ainsi la porte à toute remise en question de la décision de monsieur Guy A, allant même jusqu'à défendre sa position, vous démontrez une forme de copinage que vous vous empressez de dénoncer lorsqu'il s'agit de politiciens.
J'ai ma propre théorie concernant les animateurs soit disant incorruptibles. La théorie vieille comme le monde du "deux poids deux mesures" ou comment moduler sa morale en fonction de la force et de la provenance de la menace. C'est une théorie que vous avez tendance à n'appliquer qu'aux politiciens, alors que dans ce cas-ci, elle s’applique parfaitement à vous.

Brigitte Alepin vient à bout de Ti-Guy l'incorruptible

Suite au refus de Tout le monde en parle de passer l’entrevue de Brigitte Alepin, j’ai écrit ceci à Guy A. Lepage
J'ai lu sur un média du groupe Québécor que l'entrevue de madame Alepin ne serait pas diffusée. J'y ai également appris que le producteur a dit que : "c'était mieux pour l'émission de couper l'entrevue" et qu'«il n'y a pas de scandale, mais que ce n'était pas à la hauteur».
J'y apprends aussi que Ti-Guy rajoute que : «La raison : sujet pointu mal maîtrisé sur la crise fiscale. Ce genre de sujet, ça passe ou ça casse. Désolé Mme Alepin».

Permet-moi Ti-Guy de mettre en doute tes capacités de porter un tel jugement et de suspecter d'autres raisons qui ont menés à cette décision.

Dans son livre, madame Alepin aborde le traitement fiscal pour le moins favorable accordé aux entreprises et aux plus fortunés. Elle y traite entre autre des crédits d'impôts accordés aux fondations privées, sujet qui, selon toute évidence, touche des membres très influents du monde de la finance et ayant des affinités avec Radio-Canada.
Comment veux-tu mon Ti-Guy que l'on croit que cette décision relève entièrement de ton légendaire libre arbitre, alors que tout laisse croire qu'elle t'a été dictée par des intérêts qui te passe par-dessus la tête.
En ne diffusant pas cette entrevue, tu fais la preuve que tu n'es pas à la hauteur de l'image que t'as toujours voulu projeter du gars libre de toute influence extérieure.
En tout cas, en matière d'intégrité et de courage, madame Alepin te surclasse haut la main.

mardi 23 août 2011

Ou il est Legault le sauveur du Québec face au plan nord de Charest

Si on entend pas Legault se prononcer sur le plan nord, c’est qu’il est d’accord avec la vision de Charest : «Attirer les compagnies minières à tout prix, les seules capables d’assurer le développement de nos ressources.»

Pourtant, l’exemple du développement de l’énergie hydro-électrique par la nationalisation de l’électricité nous a démontré que le Québec possède tous les atouts pour prendre en main son propre développement.

Comme on peut le constater dans cet article (http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/329845/plaidoyer-pour-un-quebec-inc-des-ressources-naturelles) nous pouvons nous donner les moyens de garder le contrôle de notre développement. Ça prend pas un doctorat en économie pour comprendre que le Québec a les moyens et les ressources pour être le maitre d’œuvre du développement de ses ressources naturelles, et que par le fait même les retombées socio-économiques seront supérieures à celles des miettes attendues du plan nord des libéraux…..

Mais ça le bon peuple ne le sait pas, abreuvé qu’il est de faits divers, de nouvelles artistiques, de télé réalité, de quiz, d’événements culturels et autres divertissements qui endorment la conscience sociale. Comme le disait un empereur célèbre : «Du pain et des jeux»

Patapouf premier, le roi des néo-libéraux au service des compagnies minières

Patapouf Charest le roi du néo-libéralisme québécois reçoit les louanges des compagnies minières du monde entier pour son plan nord. Mais attention Patapouf, ne t’avise pas d’augmenter les redevances si non elles pourraient bien ne pas venir sauver le Québec du sous-développement……

Voir cet article du Devoir http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/329558/l-industrie-miniere-mondiale-louange-le-plan-nord

Le NMQ ou comment diviser le vote souverainiste

C’est pas d’aujourd’hui qu’il y a différents courants de pensée au PQ. Le mouvement souverainiste est composé de personnes de droite, de gauche et du centre et c’est normal car la souveraineté va bien au-delà des idéologie socio-économiques. Le NMQ publie aujourd’hui un manifeste (suivre ce lien http://www.ledevoir.com/politique/quebec/329440/le-pq-fait-le-vide-autour-de-lui ) dans lequel il critique sévèrement le PQ.

Alors, j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi tous les souverainistes ne se rallient pas derrière une seule force politique face au compresseur fédéraliste. Avec un vote souverainiste qui se maintient à 40%, on ne peut pas se permettre de fractionner les forces souverainistes. Face à l’impopularité de Charest et de ses libéraux, pourquoi les forces souverainistes n’en profitent pas pour s’unir derrière le PQ pour relever le défi de convaincre les 60% que la souveraineté est le plus grand projet de société que le Québec puisse réaliser. Faisons l’indépendance d’abord pour ensuite avoir tous les pouvoirs de faire une société à notre image et non pas è celle des conservateurs de l’ouest.

Mais avec tous ces mouvements qui surgissent, je crains que, tout comme mon père avant moi, mon rêve de vivre dans le pays du Québec ne se réalise pas.

À quand une intégration des immigrants basée sur le modèle d'intégration français

Au Québec on est aligné sur le modèle d’immigration britannique basé sur le multiculturalisme. On voit ce que ça donne : des ghettos ethnique, des immigrants qui ne savent pas un traitre mot français, ou qui portent des couteaux, des turbans, des voiles en public ou au travail…..

Tout comme les français, je crois qu’une immigration réussie, autant pour l’immigré que pour sa société d’accueil, doit se faire par l’intégration des immigrants. Le ministre de l’intérieur Français Paul Géant exprime très bien les raisons d’une immigration basée sur l’intégration :

«"Une vision de la France de demain"
La maîtrise des flux migratoires reste "une priorité", a ajouté le ministre, pour une "raison politique majeure: il s'agit d'une vision de la France de demain", selon lui. La France "a une histoire, des racines, une culture, un corps de doctrine sociale, juridique, très profondément ancré dans l'opinion et les Français tiennent à tout cela", a-t-il avancé.
Maîtriser les flux migratoires permettra, selon le ministre "que ceux qui viennent puissent adopter cette civilisation française, être intégrés, sinon nous allons à une France de communautarisme, de juxtaposition de communautés, de cultures, de groupes chacun avec leur histoire et leur religion, ce n'est pas conforme à l'idée que nous nous faisons du pays uni", a-t-il affirmé.»

Imaginez qu’un politicien tienne ce genre de langage ici, il se ferait crucifier sur la place publique, d’autant plus s’il s’agit d’un politicien québécois francophone. Toute la caste des biens pensants du Canada anglais ainsi que leurs valets québécois francophones crieraient au racisme et à la xénophobie, qui on sait bien sont des caractéristiques propres aux québécois.

Quant à moi, le multiculturalisme, sous le couvert d’une ouverture sur le monde, ne sert qu’à mieux exploiter économiquement les immigrants. Car le vrai pouvoir politique et économique au Canada est de race blanche anglophone.

Quand j’entends un immigrant parler avec l’accent québécois, j’me dis que malgré toute les forces qui l’attirent vers l’anglais, et grâce à la loi 101, nous avons au Québec, contrairement au Canada anglais, tout ce qu’il faut pour une intégration harmonieuse des immigrants. Mais il nous manque le contrôle de nos leviers politiques, juridiques et économiques ainsi que le courage de les obtenir.

Charest à la rescousse des démunis les plus rentables

Tout le monde sait ça, un assisté social n’est qu’un fardeau pour la société puisqu’il ne rapporte rien en retour. Alors pourquoi lui verser un gros 550$ par mois alors qu’il est apte au travail. Il est alors temps d’éradiquer ce type d’assisté social non rentable afin de transférer l’argent vers des entreprises dans le besoin.

Charest l’a bien compris et se porte à la défense des compagnies minières dans le besoin qui en retour de l’aide du gouvernement vont venir nous sortir du sous-développement dont souffre le nord québécois. Car sans l’entreprise privé point de salut pour le Québec.

L’exemple de la compagnie Goldcorp illustre parfaitement le genre d’indigence dans laquelle se trouvent les compagnies minière. En effet, elle souffrent de ne pas avoir d’accès routier à nos ressources, alors quoi de plus normal que de leur construire des routes au frais des contribuables. (Voir cet article et surtout les commentaires à la fin http://www.ledevoir.com/politique/quebec/328783/plan-nord-goldcorp-veut-aussi-l-aide-de-quebec)

Et selon notre bon Jean Charest, le Québec en sortira plus riche….

Mais en y regardant de plus près, le retour sur investissement sera de loin négatif, contrairement à un assisté social qui retourne 100% de son chèque dans l’économie.

La vente de feux du Québec par Charest se poursuit

Après nous avoir passé la couleuvre des PPP, Charest fait miroité l’eldorado pour le Québec avec son plan nord. Un plan qui va nous endetté encore plus au profit des compagnies minières. (voir l’article du devoir http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/328707/le-plan-nord-loin-de-l-eldorado)

Mais avec la mainmise économique et politique qu’exercent les médias sur le Québec, c’est pas surprenant que les québécois aient maintenu les libéraux au pouvoir aussi longtemps.

On gages-tu que sur la réélection de Charest… lui qui a tant fait pour le Québec.

La politique fait-elle encore rêver?

En réponse à un article du devoir qui titre «D'où vient notre désaffection à l'égard de la politique? »
J’ai écrit ceci :

Le plus grand projet de société devenu le plus grand tabou du Québec

Comment peut-on affirmer le plus sérieusement du monde que le projet de faire la souveraineté du Québec n'est pas en soi le plus grand projet que la société québécoise puisse réaliser?

Comment se fait-il que les politiciens porteurs de l'idée de souveraineté ne sont pas vus comme porteurs d'un grand rêve?

Comment se fait-il que malgré que l'idée de la souveraineté soit partagée par 40% de la population, qu'elle soit en même temps pratiquement évacuée de l'espace médiatique?

Dans une société qui se dit démocratique et ouverte, ne devrait-il pas y avoir une diversité de média représentative de ses courants idéologiques?

La mainmise sur les médias par les pouvoirs économiques traditionnellement réfractaires aux changements politiques, et par les forces fédéralistes entraine une concentration des médias. Les médias sont ainsi assujettis aux intérêts de leur maître et toute contestation du système économique et politique en place devient dangereuse, à la limite taboue.

J'ai donc énormément d'admiration pour les politiciens qui portent toujours le projet de souveraineté et je souhaite de tout cœur que ce projet resurgisse dans les rêves de la jeunesse québécoise.

vendredi 2 avril 2010

À quand une couverture journalistique à la hauteur de la profession de journaliste?

Encore un reportage sur les dépenses de formation des employés de l'état. C'est à croire que la seule compétence des journalistes ne dépasse pas le niveau des faits divers.
Dois-je vous rappeler qu'il n'y a pas si longtemps les gouvernements ont sorti du trou dans lequel elles avaient précipité l'économie, les institutions financières et l'industrie automobile. Les milliards ainsi injectés ont provoqués les déficits records que nous subissons aujourd'hui.
Dois-je également vous rappeler que le budget Bachand ne fait contribuer les entreprise que de 7% à l'effort d'élimination du déficit.
Sachant cela, les journalistes pourraient-ils cesser de s'acharner sur leurs confrères et consœurs travailleurs du secteur public. Le seul fait du peu de contribution demandé aux entreprises ne devrait-il pas orienter les reportages vers la classe économique? N'y a-t-il pas en ce moment un déséquilibre dans la couverture du budget Bachand?
Les apparences nous portent à croire que les journalistes contribuent à la désinformation de la population en s'acharnant sur un seul volet du budget. Serait-ce par paresse, par incompétence ou par manque de courage journalistique? À vous de répondre.
Mais de grâce, cessez de nous affubler de ces reportages digne de la section des chiens égarés qui ne fait certainement pas honneur à la profession de journaliste.
Au nom de l'auditoire télévisuel et des lecteurs de la presse écrite, je revendique le droit à une information complète et de qualité.

jeudi 1 avril 2010

Les entreprises seraient-elles la nouvelle vache sacrée que même le quatrième pouvoir n'ose contester?

Suite au dépôt du budget Bachand, je me demande pourquoi les médias et les maisons de sondage ne creusent pas plus le fait du peu d'effort qui est demandé aux entreprises? L'immunité et l'intouchabilité des entreprises seraient-elles devenues les nouvelles vaches sacrées du Québec?
En tout cas, le ministre Bachand n'a qu'à dire qu'on ne touche pas aux entreprises car ce sont elles qui donnent les jobs, pour clouer le bec des journalistes.
Moi je réponds à M. Bachand que la relation employeur-employé en est une d'égal à égal car aucune entreprise ne peut exister sans ses employés.
Je répondrais également que la richesse existe dans les profits des entreprises et dans les milieux financiers. On a qu'à penser aux institutions financières et aux spéculateurs responsables de la pire crise financière depuis 1929. Au lieu de les sanctionner et de les encadrer, les gouvernements leur ont donné des milliards, ce qui a provoqué les déficits records que l'on connait présentement.
Des milliards pourraient être récupérés auprès de ces prédateurs en quête de profits toujours plus grands.
Le vrai courage serait d'agir sur les paradis fiscaux et sur les spéculateurs. Des discussions en ce sens sont à l'ordre du jour dans les réunions du G8 surtout depuis la crise financière. La taxe Tobin, qui imposerait une taxe de .01% sur les transactions financières, permettrait, non seulement de réguler les marchés financiers, mais aussi de financer les services publics.
Je demande donc aux médias de ne pas tomber dans la facilité en abdiquant devant le pouvoir politique et économique. Ayez donc le courage, messieurs et mesdames les journalistes, d'aller au delà des portes closes des forteresses dans lesquelles se cachent les gestionnaires des institutions détentrice de la richesse. Ayez le courage de ne pas accepter leurs réponses toutes faites et soyez à la hauteur de votre profession en vous donnant les moyens de les remettre en question.
Finalement, je pose la question aux journalistes: avec une contribution des entreprises de seulement 7.1% pour atteindre l'équilibre financier, pourquoi les médias, incluant les maisons de sondage, n'orientent-ils pas plus leurs actions vers la classe économique? Seraient-ils soumis aux dictats des entreprises, cette nouvelle vache sacrée que personne, même le 4ième pouvoir, n'ose remettre en question?

samedi 30 janvier 2010

Hausse des impôts des particuliers: pas très brillant comme stratégie

J'ai envoyé cette lettre à un des syndicats qui représentent les employés du gouvernement du Québec en réaction à une conférence de presse dans laquelle un des dirigeants suggérait au gouvernement de hausser les impôts des particuliers pour aller chercher l'argent qui lui manque.


Ça fait plusieurs années que je déplore le manque d’innovation des syndicats de la fonction publique québécoise lorsque vient le temps de négocier avec le gouvernement. Mais cette semaine, le coup des augmentations d’impôts des particuliers pour aller chercher les revenus dont aurait besoin le gouvernement pour payer les augmentations demandées, relève carrément de l’imbécillité.

Quant on sait que l’opinion publique est le nerf de la guerre pour faire bouger le gouvernement, on se demande qui peut bien avoir conseillé ce discours à nos dirigeants syndicaux. Je me demande même si les centrales syndicales ont des services de relations publiques. Ou si non, font-elles appel à des firmes spécialisées. Dans le cas contraire, comment voulez-vous rivaliser avec le gouvernement. Comment voulons-nous gagner la bataille médiatique, qui plus que tous les moyens de pression classiques (grèves du zèle, débrayages sporadiques, grèves illimitées) peut faire fléchir la partie adverse.

Pour gagner la guerre médiatique, tous les moyens sont bons. En ces temps d’odeur de corruption au sein du gouvernement, n’aurait-il pas été plus brillant de dire que le gouvernement ferait mieux d’aller chercher de l’argent là plutôt que de s’en prendre aux employés du gouvernement.

De manière plus générale, pourquoi ne pas utiliser une partie de l’argent des cotisations syndicales (comme par exemple le fonds de grève) pour concevoir une campagne publicitaire basée sur l’inaction du gouvernement face au détournement des milliards de dollars de l’impôt par certains individus et certaines entreprises. Pourquoi ne pas engager des spécialistes en économie, je pense particulièrement à Léopold Lauzon, qui pourraient chiffrer ces détournements ainsi que les mécanismes qui les permettent. De cette manière, la démonstration serait faite que les grands responsables de la situation déficitaire des finances publiques sont ces fraudeurs sans scrupules dont le gouvernement est complice de par son inaction et son manque de courage. La démonstration pourrait également être faite que si le gouvernement agissait, même modérément, sur ces plus riches, il récupérerait suffisamment d’argent en impôt, non seulement pour payer le petit 11 % demandé, mais aussi pour investir en santé, en éducation et dans les infrastructures.

En tant que membre du SPGQ je serait prêt à contribuer monétairement pour financer une telle campagne car je crois que de nos jours, seule l’action médiatique peut avoir un réel impact sur le gouvernement. Il ne s’agit pas seulement que nos dirigeants syndicaux disent lors que trop rares et trop courtes apparitions à la télévision que nos demandes de 11 % sont raisonnables. Non, il faut frapper là où ça fait mal, et ensuite il faut marteler le message.

Mais de la manière dont les négociations sont parties, je crains que ce soit encore le gouvernement qui nous impose nos conditions et qu’aux yeux de la population il ait maté ces fonctionnaires qui sont déjà trop gâtés. Le gouvernement aura ainsi gagné deux guerres ; la guerre des négociations et la guerre de l’image.

En terminant, j’exhorte nos dirigeants syndicaux d’utiliser de façon plus productive l’argent des cotisations syndicales. J’ai la ferme convictions que malgré l’inégalité des moyens, et grâce au dévouement des dirigeants et des militants syndicaux, nous pouvons rivaliser avec le gouvernement mais ce à condition de se battre avec les mêmes armes que lui.

Réponse à l'article «L'effronterie des fonctionnaires» de Michel Girard paru le 2009-10-17

Monsieur Gérard,

J’aimerais vous exprimer toute mon admiration face à votre très grand courage. En effet, ça prend une sacré bonne dose de courage pour dénoncer ce que vous qualifiez «d’effronterie» des fonctionnaires. Effronté est un bien faible mot pour qualifier ces biens nantis gras dur de notre société quand on sait que la grande majorité gagne un scandaleux 35 000 piasses par année. Quand on sait également que nos hôpitaux et nos écoles sont peuplés de fainéants incapables de régler les problèmes de santé et d’éducation. Quand on sait aussi que ces maudits incompétents ne sont même pas capables d’entretenir et de construire des routes comparables à celles des États. Grâce aux journalisses de votre stature, et spécialement vous mossieur Gérard, un pavé est jeté dans la flaque du monde perverse et diabolique du secteur publique. Ça prend des super héros comme vous pour combattre l’empire du mal.

Vous auriez pu tomber dans la facilité et vous en prendre aux grandes entreprises qui en ces temps difficiles ont tant besoin de l’aide des payeurs de taxe pour les sortir du trou. Ce serait un bien grand scandale et une énorme effronterie de mettre en doute l’état d’indigence dans lequel sont plongés ces grands piliers de notre société. Nous leur devons tout car nous ne serions rien sans eux. Alors, pourquoi s’acharner sur eux en leur reprochant d’être la cause de l’effondrement du système économique pour ensuite demander au peuple de leur donner des milliards quitte à plonger l’état dans d’énormes déficits. Pourquoi leur reprocher de détourner de l’impôt des centaines de milliards de profits vers des paradis fiscaux grâce aux judicieux conseils des robins des bois des «pôves riches» que sont les grandes firmes d’avocats.

En vérité en vérité je vous le dit mossieur Gérard, que serait le «monde néo libéral libre» sans de vaillants combattants épris de justice comme vous. Le bonyeu saura récompenser les justes le moment venu.

Je terminerai en vous souhaitant de tout cœur le prix Pulitzer pour votre époustouflante chronique du samedi 17 octobre dans la presse, qui est un modèle de professionnalisme, de recherche et d’intégrité.

Bien à vous Gérard.

p.s. : Je transmets une copie de cette lettre au syndicat dont la démoniaque Claudette Carbonneau en est la présidente afin qu’il sache que vous ne parlez pas seulement en votre nom mais au nom de milliers sympathisants du temple du nouveau et amélioré néo libéralisme bienveillant.